22 août 2011

Epigénétique ou comment notre mode de vie agit sur nos gènes

La médecine considère depuis des décennies, que les gènes acquis à la naissance sont immuables pendant toute la vie d’un individu. Les êtres humains arrivent ainsi sur Terre, avec leur patrimoine génétique issu pour moitié de leur mère et pour moitié de leur père et doivent composer avec durant toute leur vie. Tant pis, si parmi leur milliards de gènes se trouvent des gènes prédisposant à des maladies ou autres. De même les mutations acquises durant la vie à cause de rayonnement, de polluants ou autres étaient également considérées comme immuables. Mais ce fait n’avait jamais été démontré. Et peu à peu, il s’est érigé en dogme intangible pour la médecine moderne.


Constitution de l’ADN

L’ADN porteur des gènes est constitué de 5 % de gènes codant et de 95 % de gènes dits « silencieux » qui ne serviraient à rien. Il correspond à la partie intronique de l’ADN humain. Il fut même appelé pendant un temps : « ADN poubelle » ce qui démontre la haute considération qu’en avaient les chercheurs !

Pour vous donner une idée des dimensions de l’ADN humain, la longueur de tous les ADN contenus dans toutes les cellules d’un être humain est de 1,2 x 1011 km soit plus de 300.000 fois que la distance terre-lune (4x105 km). Devant ces chiffres pharaoniques, il semble curieux que la nature se soit donnée tant peine pour fabriquer un si grand nombre de gènes (95% de l’ADN) qui ne serviraient à rien !

L’historique de l’épigénétique

Déjà, l’épigénétique a été évoquée par le biologiste Conrad Waddington en 1942 quand il étudiait les implications de l’environnement sur les gènes et le phénotype - ensemble des caractères observables - d’un individu. Mais il a fallu attendre ces toutes dernières décennies pour que l’épigénétique entre silencieusement – et très timidement - dans le domaine de la recherche moderne. Pourtant cette donnée révolutionne la pensée médicale et peut ouvrir sur de nouvelles voies thérapeutiques.

L’épigénétique est une branche de la génétique qui s’intéresse à l’influence de l’environnement sur les gènes. C’est ainsi qu’il est apparu que le stress, la pollution, la mauvaise alimentation, les périodes de famine, le tabagisme et même les vécus personnels peuvent modifier les gènes des individus.

Il faut comprendre, que ces situations ne vont pas « changer » les gènes – c’est-à-dire enlever un gène pour le remplacer par un autre - elles vont simplement les ouvrir ou les fermer selon les circonstances avec tous les intermédiaires possibles.

Les gènes sont donc des sortes d’interrupteurs et leur position ouverte ou fermée ce qui ouvre la porte à de très nombreuses combinaisons. De plus, ces changements dans les gènes se transmettent ensuite aux enfants.


Les preuves de l’épigénétique

Il a été démontré ainsi que les famines vécues par les grands parents pouvaient favoriser des diabètes chez les petits enfants. Chez l’animal, les pesticides produisent ainsi des transformations génétiques transmissibles sur plusieurs générations pouvant être responsables de cancers et autres maladies.

Aujourd’hui de très nombreuses études ont établi la relation entre le mode de vie et l’expression de gènes responsables de maladies, qui autrement seraient restés silencieux.

Mais si de mauvaises conditions de vie peuvent ouvrir des gènes de maladies, inversement des changements favorables de mode de vie sont capables en l’espace de quelques mois de refermer des gènes responsables de maladie. Cela s’est vu notamment sur certains gènes cancéreux.

Au total

Ainsi, l’épigénétique nous démontre que rien n’est jamais écrit et que notre mode de vie et notre psychologie influencent directement nos gènes favorablement ou non selon les attitudes suivies. Cela ouvre la voie de nouvelles approches de soins dans les maladies. Mais aussi cela rejoint certaines philosophie ainsi que l’Ho’oponopono qui nous expliquent que nous sommes les seuls créateurs de notre vie…

 

Posté par bodinluc à 22:17 -
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24 juin 2010

La découverte de l'épigénétique

L’épigénétique explique que le style de vie et les événements de la vie modifient l’expression des gènes c’est-à-dire les ouvrir ou les fermer avec tous les intermédiaires possibles entre ces deux extrêmes.

Avec moins de 30.000 gènes, le génome humain est moins important que celui de certaines plantes. Ces seuls chiffres démontrent bien que les gènes ne suffisent pas à eux seuls à expliquer toute la complexité de l’être humain. L’hérédité est donc plus que les gènes… Elle dépendrait en fait, de l’inhibition ou de l’activation (avec tous les intermédiaires possibles entre ces deux extrêmes) de certains gènes. L’épigénétique correspond à un interrupteur des gènes qui serait ouvert ou fermé à des degrés divers.

Le stress, la pollution et l’environnement, l’alimentation ou la famine, le tabac, les vécus personnels ainsi que les fécondations in vitro (FIV) seraient capables d’activer ou d’inhiber certains gènes. Ainsi le stress des victimes de l’holocauste s’est transmis aux enfants des victimes. De même, le stress d’une femme pendant la grossesse, va activer l’interrupteur d’un gène qui se transfèrera à l’enfant. Mais aussi le choc du 11 septembre se transmettra obligatoirement aux générations suivantes.

Une étude nordique a établi que des périodes de famine vécues chez les grands parents pendant leur croissance, entraînaient des diabètes chez leurs petits enfants. Il ont aussi démontré que le mode de vie des Grands Parents (pollution, tabac, famine, stress) se répercutait sur l’espérance de vie de leurs descendants. Ces modification génétiques se produisent essentiellement lors de la formation des ovocytes et des spermatozoïdes, c’est à dire chez la femme pendant sa vie intra-utérine (avant sa naissance) et chez l’homme en début de puberté.

Les études sur l’animal ont démontré que les transformations génétiques produites par les pesticides chez les femelles souris était transmissibles sur plusieurs générations à leurs descendants. Elles sont donc héréditaires, c’est à dire que l’ouverture ou la fermeture des gènes est héréditaire. Ces modifications génétiques pourraient ainsi être capables par exemple d’induire de génération en génération des cancers de la peau, de la prostate, à cause les pesticides consommés chez la grand-mère souris.

Cette nouvelle notion qu’est l’épigénétique, est très importante si on tient compte de tous les stress, polluants, drogues, tabac et alcool consommés par les jeunes et les femmes en âge de procréer. Les modifications alors engendrées mettraient en cause non seulement leurs enfants mais aussi toute leur descendance… Les répercussions sont difficilement calculables. Par ailleurs, l’épigénétique serait à rapprocher de la psychogénéalogie. Elle pourrait expliquer pourquoi certains phénomènes se retrouvent de génération en génération au sein d’une même famille.

Dr Luc Bodin

Posté par bodinluc à 22:08 -
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Un changement de mode de vie change les gènes

Une mauvaise alimentation est à l’origine de près de 35 % des cancers comme l’a démontré l’étude SUVIMAX. Et si à celle-ci, on ajoute les autres éléments constituant notre mode de vie : tabac, alcool, sédentarité, stress, surpoids, etc… nous atteignions le chiffre record de 60% des cancers.

Mais ce qui a été fait, peut être défait !

L’étude GEMINAL nous montre qu’à l’inverse, un “bon” changement de mode de vie chez des personnes atteintes de cancers de la prostate (ne prenant aucun traitement anticancéreux), est capable de modifier favorablement les gènes impliqués dans la cancérogenèse, c’est-à-dire de diminuer la cancérisation.

Les changements de mode de vie, effectués lors de cette étude, consistaient en :
* une diminution de la consommation des graisses (moins de 10% des apports totaux),
* une consommation importante d’aliments complets et de crudités.
* Ces hommes ont pris également une supplémentation en soja, en huile de poisson (oméga 3), en vitamine C et E et en sélénium.
* Par ailleurs, ils apprenaient à gérer leur stress en faisant du yoga, du stretching ou encore de la relaxation pendant une heure tous les jours.
* Ils marchaient pendant une demi heure quotidiennement.
* Enfin, ils participaient à un groupe de soutient une fois par semaine.

Les chercheurs insistent sur le fait qu’il faudra d’autres études pour confirmer ces premières constatations. Mais ils pensent que ces résultats peuvent s’appliquer à tous les autres cancers et non simplement au cancer de la prostate.

Si les résultats de cette étude se confirment, comme c’est très probable, cela signifie que de mauvaises conditions de vie peuvent modifier l’expression de gènes, mais qu’à l’inverse une bonne hygiène est capable de les faire revenir vers la normalité… ce qui nous ouvre bien des perspective thérapeutiques intéressantes.

Dr Luc Bodin

Posté par bodinluc à 21:59 -
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24 mai 2010

Les preuves de l'épigénétique

L’épigénétique explique que le style de vie et les événements (physiques et psychiques) de la vie vécus par une personne sont capables à eux seuls, de modifier l’expression de certains gènes c’est-à-dire les ouvrir ou les fermer avec tous les intermédiaires possibles entre les deux. Plusieurs résultats d’études viennent de corroborer ce mécanisme. Mais surtout ces résultats prouvent, que loin d’être un phénomène marginal, l’épigénétique doit être à l’origine de l’évolution (adaptation) de la race humaine mais aussi à l’origine de nombreuses de nos maladies modernes. Jugez-en par vous-même :

Les chercheurs de l’université de Johns Hopkins ont confirmé que sous l’influence de facteurs externes, le génome de chaque individu se modifiait au cours de sa vie, confirmant ainsi les données de l’épigénétique. Ils ont ainsi étudié le génome de 600 personnes, une première fois en 1991 et une seconde fois entre 2002 et 2005. Ils y ont constaté des modifications de l’expression de certains gènes, dans un tiers des cas. Pour eux, les variations dans l’expression de ces gènes étaient induites par les facteurs environnementaux et alimentaires. Mais aussi, cette réalité expliquerait l’émergence de certaines maladies comme le cancer, qui sont plus fréquentes en vieillissant.

L’étude GEMINAL (Gene Expression Modulation by Intervention with Nutrition And Lifestyle) parue dans « Proceeding » de l’Académie des Sciences Américaines, a démontré chez 30 hommes atteints de cancer de la prostate, que des modifications importantes de leur mode de vie et de leur alimentation modifiaient l’expression de gènes notamment des gènes impliqués dans la cancérogenèse.

Une autre étude américaine « PLoS One », indique que le tabagisme conduirait à des modifications de l’activité (l’expression) de certains gènes, notamment ceux impliqués dans le contrôle de la division cellulaire. Ce mécanisme peut conduire probablement à la transformation de cellules bronchiques saines en cellules cancéreuses. Le problème est que cette modification persistent même après 20 ans d’arrêt du tabac, d’où la nécessité de surveillance pulmonaire plus importante chez les anciens fumeurs.

Une équipe de l’INSERM (U839) a démontré que la cocaïne, la morphine et les amphétamines modifiaient l’expression de plusieurs gènes qui détourneraient le circuit de la récompense et du plaisir. Par ce biais, la drogue leurre le cerveau faisant croire à une récompense naturelle alors qu’elle est chimique. Cette hyperstimulation artificielle « aboutit à une modification de l’expression génétique au niveau neuronal, ce qui explique l’installation progressive d’une dépendance » explique un des auteur de l’étude.

Sur un autre sujet, lors du 3ème Congrès National d’Asthme et d’Allergie qui s’est tenu à l’Institut Pasteur en juin dernier, il a été évoqué des observations qui « suggèrent que les facteurs environnementaux seraient susceptibles de modifier l’expression des gènes » lors de la maladie asthmatique et des manifestations allergiques. « Ces effets dénommés épigénétiques pourraient expliquer partiellement la fréquence sans cesse croissante des maladies d’origine allergiques » (Quotidien du Médecin du 16/06/08).

Un autre exemple encore, est l’adaptation de l’homme à l’altitude. Les chercheurs ont repéré que l’inexpression du gène PDP2 était à l’origine du Mal des Montagnes. Or, chez les Ethiopiens vivant sur les plateau à 3600 mètres d’altitude, ce gène est très fortement exprimé. Selon les chercheurs, ce phénomène est la conséquence d’une adaptation évolutive. Il y a fort à parier qu’il s’agit ici encore d’un phénomène épigénétique ce qui doit nous rappeler que toutes ces modifications génétiques sont héréditaires, c’est-à-dire qu’elles sont transmises à tous les descendants… les modifications utiles comme les nuisibles.

Dr Luc Bodin

Posté par bodinluc à 22:04 -
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